Les effets visibles du changement climatique continuent de s’aggraver au fil du temps, tant en termes de fréquence que de gravité. Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les fortes pluies, les tempêtes violentes, les vents violents et les températures élevées, provoquent des inondations, des glissements de terrain, des sécheresses, des vagues de chaleur, des incendies de forêt, une perte de biodiversité, une désertification et bien d’autres phénomènes, et ont de graves répercussions sur les infrastructures, les cultures, le bétail et les vies.
Ainsi, au cours des trois dernières décennies, des initiatives politiques ont été mises en place pour tenter de limiter les impacts du réchauffement climatique, inverser la dégradation des terres/désertification, stopper la perte de biodiversité, protéger les ressources naturelles limitées et réduire les risques associés aux catastrophes environnementales. Ces initiatives sont résumées sous l'égide de la Agenda 2030 des Nations Unies et de la objectifs de développement durable (ODD), qui visent ensemble à accroître la résilience des populations et des systèmes face aux changements environnementaux et socioéconomiques. Dans ce cadre, Action climatique (ODD 13) et en particulier Santé (ODD 3) sont des objectifs définis qui doivent être atteints par la communauté internationale au moyen de solutions collaboratives.
Les catastrophes et les risques climatiques extrêmes sont un exemple très visible de l’impact du changement climatique. Cependant, la plupart des décès causés par le changement climatique se manifestent sous des formes moins cataclysmiques. Un exemple évident est l’augmentation du taux de mortalité pendant les vagues de chaleur. Un exemple moins évident est l’évolution du risque d’exposition aux maladies pour les humains, les autres animaux et les plantes.
Les changements de température et de précipitations, combinés aux changements d’utilisation et de couverture des terres, créent des déplacements spatiaux dans la dynamique du cycle de vie des vecteurs de transmission de maladies, tels que les chauves-souris, les petits mammifères ou les moustiques, ce qui a entraîné une modification des risques d’exposition aux maladies.
Le Projet européen CLIMOS, dont l’OGC est partenaire, étudie l’un de ces changements en se concentrant sur les maladies transmises par les phlébotomes. CLIMOS s’efforce d’améliorer les connaissances scientifiques sur les paramètres qui affectent la propagation des phlébotomes – et donc leur capacité à transmettre des maladies – dans le contexte du changement climatique. Le projet fait appel à des systèmes techniques capables de combiner et de traiter : les données brutes générées par les modèles climatiques ; les observations terrestres des événements météorologiques en cours et des changements de la couverture terrestre ; et les données écologiques décrivant les cycles de vie des phlébotomes.
Les systèmes techniques capables de trouver, d’accéder, d’intégrer et de traiter des données en vue de renforcer la résilience climatique sont désormais connus sous le nom de Systèmes d’information sur la résilience climatique (CRIS). Les CRIS sont déjà utilisés pour développer et fournir des données prêtes à l’analyse (ARD) interopérables, généralement sous la forme de cubes de données, aux scientifiques pour un traitement ultérieur à l’aide d’algorithmes scientifiques, et/ou pour développer des indicateurs de préparation à la décision (DRI) qui permettent une interprétation claire des événements actuels par les décideurs.
La chaîne de valeur « données brutes en informations » qui sous-tend CRIS est rendue possible lorsque le principe de données FAIR est respecté, c’est-à-dire que les données et les systèmes sont développés de manière à garantir qu’ils sont trouvables, accessibles, interopérables et réutilisables. CLIMOS se concentre donc sur l’utilisation de services climatiques alignés sur FAIR pour l’évaluation des données, la production de connaissances scientifiques, l’alerte précoce et pour mieux comprendre comment les conditions météorologiques augmentent le risque de maladies transmises par les phlébotomes dans certaines zones.
Dans le cadre du projet CLIMOS, l'Open Geospatial Consortium (OGC) soutient l'évolution vers des systèmes FAIR destinés à être utilisés dans les systèmes d'alerte d'urgence et les pipelines de données. Plus précisément, l'OGC s'attaque aux défis d'interopérabilité rencontrés lors de la combinaison de données sur la santé, l'environnement, l'observation de la Terre et les modèles climatiques. Ces défis sont examinés et traités au moyen de divers bancs d'essai techniques et d'études pilotes de données qui mettent l'accent sur les principes FAIR, ainsi qu'au sein des groupes de travail du domaine de l'OGC. Pour les objectifs de CLIMOS, les groupes de travail sur la résilience au changement climatique, la gestion des urgences et le domaine de la santé de l'OGC fournissent chacun d'excellentes sources d'expérience et de connaissances liées à ces trois aspects du projet CLIMOS.
Le travail de CLIMOS est une contribution essentielle pour réaliser l' Objectif ODD 3 : « Assurer une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tout âge. »
Ce poste a paru à l'origine sur le Blog du projet CLIMOS.